A l’Assemblée nationale… La Camair-Co est un gouffre selon Robert Nkili

Sacrifiant à une séance du rituel des questions orales des députés aux membres du gouvernement le 27 juin 2014, le ministre des Transports a indiqué que la faiblesse du management de la compagnie aérienne camerounaise cause d’énormes pertes d’argent à l’Etat.

Sacrifiant à une séance du rituel des questions orales des députés aux membres du gouvernement le 27 juin 2014, le ministre des Transports a indiqué que la faiblesse du management de la compagnie aérienne camerounaise cause d’énormes pertes d’argent à l’Etat.

Le chef du département des transports du gouvernement de Philemon Yang sera resté longtemps dans les airs la semaine passée. L’opinion n’avait pas encore fini de consommer les biscuits [les nouvelles ; Ndlr] distillées le 25 juin 2014, les coûts réels des transactions ayant débouché sur l’achat d’avions chinois par le Cameroun, qu’il a été, à nouveau, été invité au pupitre du palais de l’Assemblée nationale pour reparler de transport aérien. Cette fois, c’est le député Cyprian Awudu Mbaya du Sdf qui est monté au créneau pour questionner les multiples changements à la tête de la Camair-Co qui a compté trois Dg en quatre ans. Tout de go, le ministre Nkili a reconnu que la brièveté du séjour de l’ancien Dg (neuf mois) devrait amener à s’interroger sur la situation exacte qui prévaut au sein de l’entreprise. Avant d’indiquer que ces changements font suite à la succession de manquements managériaux depuis la création.

 

Il s’agit notamment des mauvaises options prises autour des questions comme le loyer des immeubles et aéronefs, celles de la maintenance, de l’exploitation et les salaires. Robert Nkili révèle notamment que seuls les loyers des immeubles coûtent plus de 297 millions Fcfa par an. L’occupation de l’actuel immeuble Rotonde qui abrite la direction générale, coûtant 210 millions. Or, avoue le ministre Nkili, si la direction générale était transférée au siège de la défunte Camair, on aurait pu réaliser des économies. Et de poursuivre en soulignant que pour ce qui est des aéronefs, la Camair-Co, claque plus de quatre milliards (4 350 290 000 exactement) pour deux Boeing. Tandis que les charges liées à la maintenance, coûtaient plus 4,3 milliards et plus, selon les termes d’un contrat passé avec la Lufthansa. Malgré leur renégociation prescrite au management autrefois pouvant entraîner des économies de plus de 500 millions, rien n’a été fait, souligne le ministre des Transports qui met à l’index des collusions entre les anciens dirigeants de Camair-co et différents prestataires.

Salaires

Le ministre des Transports, s’appuyant sur des statistiques de septembre 2013, révèle également que les charges d’exploitation, à savoir le coût du carburant, hébergement de l’équipage en transit, les différentes taxes aéroportuaires coûtent trois milliards et demi par an alors que les recettes générées ne s’élèvent qu’à deux milliards. De plus, les salaires seuls engloutissent plus de 3, 8 milliards Cfa dont près du tiers pour les employés expatriés. En gros, la Camair-Co vit essentiellement de fonds pourvus par l’Etat. Les recettes propres ne pouvant pas couvrir les seuls salaires des employés.

Aussi, le ministre Nkili a-t-il indiqué aux députés qu’il a été prescrit au nouveau management de l’entreprise, la révision à la baisse des coûts de location d’immeubles et des aéronefs ainsi que les contrats de maintenance. Bref, une quasi-remise à plat des contrats avec les plus gros prestataires de services de l’entreprise. Dans le même sillage, le ministre des Transports confie qu’il a recommandé au nouveau directeur général de poursuivre les négociations dans le cadre de l’acquisition de deux Boeing 787, afin de faire voler la Camair-Co au-delà de Paris et rentabiliser l’outil dans la perspective de rendre autonome la compagnie aérienne née des cendre de la défunte Camair. Tout ceci ressortirait, de l’aveu de M. Nkili, dans le plan de sortie de crise financière que devra soumettre le nouveau Dg, à l’adoption du conseil d’administration. Naturellement, il faudra encore attendre sa mise en route puis éventuellement, ses effets positifs. Le contribuable devra donc encore trinquer pendant de longs mois pour que brille l’étoile du Cameroun qui a du mal à faire du chiffre. © Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

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