Menace sur le handling

Alors que l’agrément de la société de handling SHS avait été renouvelé jusqu’en 2023, le Sénégal a finalement opté pour un opérateur unique, qui assumera l’assistance au sol à l’AIBD . La direction de SHS envisage de porter l’affaire devant la justice, cette situation de monopole étant critiquée par le patronat sénégalais.

El Hadji Mansour Samb se réjouissait de voir se rapprocher l’échéance de la mise en service de l’AIBD. Mais le directeur général de SHS, l’une des deux sociétés de handling qui officiaient jusque-là à l’AILSS, est aujourd’hui amer.

Avec un chiffre d’affaires de 10 milliards de F CFA (15,2 millions d’euros) en 2017 et 800 employés, SHS, lancée en 2003, assumait jusque-là 70 % de l’assistance au sol de l’aéroport de Dakar, face à sa concurrente AHS. En 2013, son agrément a été renouvelé jusqu’en 2023, prévoyant que la société pourrait poursuivre son activité dès l’ouverture de l’AIBD – en échange d’une contribution substantielle au fonds d’indemnisation des anciens salariés d’Air Afrique.

Mais, à quatre mois de l’inauguration, le ministère des Transports aériens opte pour un scénario en vertu duquel un unique opérateur assumera l’assistance au sol à l’AIBD : la société 2AS, tout juste créée, dont les principaux actionnaires sont les entreprises turques Summa et Limak, qui ont déjà obtenu l’exploitation de l’aéroport, et l’État du Sénégal. Entre-temps, à la suite de la condamnation de Karim Wade pour enrichissement illicite en 2015, AHS (propriété des frères Karim et Bibo Aboukhalil, considérés comme des prête-noms) avait été réquisitionnée par l’État.

La ministre Maïmouna Ndoye Seck alertée

Poussé vers la sortie, au mépris des engagements souscrits par le gouvernement, le DG de SHS, qui compte porter le contentieux devant la justice, n’est pas le seul protagoniste à critiquer cette nouvelle donne. En septembre, le patronat sénégalais alertait par courrier la ministre Maïmouna Ndoye Seck : « Nul n’ignore que les situations de monopole dans le handling engendrent généralement une hausse des coûts, une baisse de la qualité des services et un risque élevé de perturbations liées à des crises sociales. » Par Mehdi Ba : jeuneafrique.com

 

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